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Le mouvement est lancé, les entrepreneurs du Québec veulent faire partie de cette famille grandissante et performante qu’est l’École d’Entrepreneurship de Beauce (EEB). La qualité des entrepreneurs-entraineurs est remarquable et la fierté dégagée par les entrepreneurs-athlètes est si contagieuse que nous ressentons cette jalousie de ne pas être des leurs.

Valérie Lesage peut maintenant dire qu’elle en fait partie. Elle cumule 25 ans d’expérience en communication en journalisme radio, télé et presse écrite. Elle a travaillé à TQS, TVA, Radio-Canada et le Soleil. Son intérêt pour l’entrepreneuriat a grandi en côtoyant des dizaines d’entrepreneurs lors de ses quatre dernières années passées au Journal Les Affaires.

 

Une journaliste parmi les entrepreneurs

Dans le cadre du Colloque Croissance et Performance qui se déroulera à la Salle des Promotions du Séminaire de Québec le 10 et 11 novembre prochain, je me suis intéressé à la valeur ajoutée d’une journaliste pour l’EEB. Je lui ai demandé : qu’est-ce qu’une journaliste apporte de différent comme expertise à des entrepreneurs à l’EEB? Mme Lesage me confie que son travail actuel n’est pas étranger à son métier de journaliste. «Mon expertise d’intervieweuse est très utile, avec ma capacité à récolter les éléments vraiment pertinents, j’amène l’entrepreneur-entraineur à réfléchir sur sa propre expérience. Je l’amène à communiquer un savoir et des apprentissages sur lesquels il ne s’est pas nécessairement arrêté avec le temps. Il y a une prise de conscience et une meilleure compréhension des raisons pour lesquelles il a réussi à franchir des obstacles ou non. C’est là que l’expertise de l’entrevue est très bénéfique», poursuit celle qui accompagne les entrepreneurs-entraîneurs dans la préparation de la formation qu’ils viennent donner à l’EEB. L’ancienne journaliste sera aussi appelée à outiller les entrepreneurs-athlètes pour mieux communiquer.

Entrepreneuriat n’est pas un one man show

Je me suis imaginé qu’un rapprochement entre une journaliste et des entrepreneurs doit donner accès à des informations privilégiées. Je lui ai donc demandé s’ils se confient différemment et qu’est-ce qu’elle apprend d’eux. Avec un petit sourire dans la voix, Mme Lesage me répond que lorsqu’elle était journaliste, évidemment que les entrepreneurs contrôlaient leurs messages.

«Toutefois, ce qui se dit à l’école reste à l’école. Ce contrat de confidentialité permet aux entrepreneurs-entraineurs d’être très transparents par rapport à leurs défis, mais aussi à leur vie personnelle. Il est vraiment intéressant d’avoir accès à autant d’authenticité et de transparence.» Elle poursuit sur la deuxième partie de ma question en m’affirmant qu’elle apprend à tous les jours avec des gens possédant autant d’expérience. «Globalement, il y a l’idée de faire confiance. Ce n’est pas un one man show être entrepreneur, c’est une affaire d’équipe. Il y a effectivement quelqu’un qui inspire et mobilise les gens, mais sans son équipe, il n’arriverait à rien», insiste-t-elle.

 

Le défi médiatique des entrepreneurs

L’entrepreneur et les médias dans tout ça ? Quel est le plus grand défi en 2015 ? «Occuper davantage l’espace médiatique ! C’est quelque chose qui peut faire peur et les entrepreneurs ne savent pas toujours par où commencer, mais cette pratique peut être utilisée comme outil de croissance. Et quand je dis espace médiatique, je ne parle pas seulement de l’espace traditionnel, il y a aussi les réseaux sociaux», me répond-elle avec conviction.

Relationniste de formation, je voulais en savoir davantage sur les médias traditionnels. N’y a-t-il pas un défi considérable pour un entrepreneur d’intéresser le journaliste ? « Il est certain qu’il faut intéresser le journaliste dans ce que nous pouvons proposer, mais il y a des entreprises qui sous-estiment leur potentiel ou qui s’y prennent maladroitement pour susciter l’intérêt. Par ailleurs, il y a aussi une variété de médias. Il n’y a pas juste les journaux nationaux qui peuvent être utiles pour la croissance d’une entreprise. Les médias locaux sont aussi une façon pertinente d’être visible. Il ne faut pas négliger la portée de ces médias. Selon les aspects que nous voulons communiquer, il faut apprendre à viser la bonne cible», propose Mme Lesage.

 

La peur d’une crise médiatique

Je m’imagine, comme vous, que les entrepreneurs doivent avoir des dizaines de questions à propos des médias. Quelle est la question la plus souvent posée relativement aux médias traditionnels et aux réseaux sociaux ? Mme Lesage de me répondre : « Je parlais justement avec James-Olivier Durivage qui est responsable du Défi-Média à l’EEB. Il me disait que la gestion de crise revenait régulièrement. ‘’Quoi faire ; quoi dire ; faut-il parler ou non lorsque survient un accident ou une catastrophe qui touche notre entreprise ?’’ On essaie de leur montrer que si les journalistes parlent de leur entreprise seulement lorsque ça va mal, on ne projette pas une très bonne image. De là l’importance d’occuper l’espace médiatique régulièrement. Alors, s’il se produit un événement malheureux, ils auront déjà bâti un capital de sympathie ce qui aidera à faire passer une moins bonne nouvelle», assure-t-elle.

Je ne pouvais m’empêcher de lui poser la question si les entrepreneurs québécois sont prêts à faire face à une crise médiatique? «La grande majorité ne l’est pas, en effet. Les PME ne sont équipées d’une personne experte en gestion de crise. Envisager une crise, c’est un peu comme penser à son testament, ce n’est pas quelque chose qu’on a envie de faire. Nous remettons toujours la tâche à plus tard. Il y a donc une forme de déni. ‘’Ça va arriver aux autres et pas à nous’’», m’affirme Mme Lesage. Il est intéressant de constater le fossé important creusé entre les préoccupations et le passage à l’action des entrepreneurs.

Avant de raccrocher le téléphone, je lui ai laissé le mot de la fin. Je lui ai demandé si elle avait un conseil à transmettre aux entrepreneurs. « Faites valoir vos bons coups», me répond-elle simplement. Elle ajoute que cette petite phrase parait bien simple, mais elle est assez complexe à exécuter !

Étienne Larivière


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